Les petits États insulaires sont les plus menacés par les impacts des changements climatiques. Nauru, Niue, et Tuvalu dans le Pacifique Sud luttent de front contre ces menaces et s’engagent avec leurs entreprises locales pour démontrer les avantages des technologies des énergies renouvelables et des économies d’énergie.
Suva, îles Fidji –Confrontées à l’augmentation du niveau des mers et des tempêtes, les nations insulaires semblent clairement les plus vulnérables aux effets des changements climatiques. Cependant, les plus petites îles du monde, situées dans le Sud Pacifique, luttent de front contre ces menaces et s’engagent avec leurs entreprises locales pour démontrer les avantages des technologies des énergies renouvelables et des économies d’énergie.
Le projet Îles à faible teneur en carbone (LCI) de l’Alliance du Pacifique pour la durabilité, mis en œuvre par le Fonds pour l’environnement mondial et en cours dans les îles de Nauru, Niue et Tuvalu, créé un environnement réglementaire plus favorable pour les énergies renouvelables, en mettant en place un mécanisme financier permettant d’accéder aux technologies des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Ce projet permet également de renforcer la prise de conscience et les capacités, ce qui favorise un débat inclusif sur l’indépendance énergétique et la transition vers les pratiques à faibles émissions de carbone. L’intérêt est donc significatif, au vu de la longue dépendance de ces îles par rapport aux énergies fossiles importées pour satisfaire leurs besoins en transport et en énergie.
« Pour que la transition vers un futur à faible teneur en carbone ait lieu, il faut que les entreprises locales s’impliquent. En avançant des arguments solides, l’UICN et ses partenaires encouragent le secteur privé à proposer des nouveaux produits plus efficaces en énergie, qui façonnent dorénavant les marchés de consommateurs sur ces îles » affirme Taholo Kami, Directeur régional de l’UICN pour l’Océanie, qui dirige ce projet soutenu financièrement par le Fonds pour l’environnement mondial. « On s’attend à ce que les avantages environnementaux et socio-économiques, en plus des économies prévues pour les entreprises qui participent au nouveau Fonds à faible teneur en carbone, aient un impact significatif sur les ressources nationales investies dans chaque pays du projet Îles à faible teneur en carbone (LCI). Ces preuves devraient à l’avenir accélérer les politiques et les pratiques vers une énergie plus durable. »
L’UICN réalise depuis 2013 des formations dans ces trois pays insulaires, en étroite collaboration avec les centrales électriques nationales et deux entreprises privées dans le secteur de l’énergie, Global Sustainable Energy Solutions (GSES, Australie) et Clay Energy, basée à Fidji. La formation et la certification des employés des entreprises publiques et des sous-traitants privés sont axées sur l’installation de systèmes photovoltaïques connectés au réseau, avec des entreprises servant de sites de démonstration pour ces systèmes photovoltaïques. Mais aujourd’hui, ces sites montrent leurs limites : il faut adopter des approches plus alternatives, afin d’inciter le secteur privé – et notamment les propriétaires de maisons – à offrir une énergie fiable au réseau national.
Mieux comprendre la corrélation entre l’utilisation et le coût de l’énergie électrique est une composante essentielle du programme de sensibilisation du projet LCI. C’est pour cette raison que le site Internet de LCI comprend un calculateur de coût énergétique, avec des taux pour chaque pays du projet LCI. Il contient également un calendrier de réservation pour des véhicules à faibles émissions de carbone, qui sont introduits comme une composante génératrice de revenus du Fonds à faible teneur en carbone, ainsi que diverses autres ressources comme des listes de techniciens certifiés en énergies renouvelables, des liens vers les législations relatives aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie pertinentes pour chaque pays, et des formulaires de candidatures pour postuler à des financements ou à des rabais du Fonds à faible teneur en carbone.
Le projet LCI est l’un des nombreux exemples qui seront présentés lors du prochain Congrès mondial de la nature de l’UICN qui aura lieu à Honolulu, Hawai’i, du 1e au 10 septembre 2016. Placé sous le thème de La planète à la croisée des chemins, le Congrès soulignera le besoin d’agir de toute urgence pour lutter contre les changements climatiques, et appellera les gouvernements, la société civile et le secteur privé à travailler ensemble pour un développement durable et à faibles émissions en carbone.










